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Carrie (film)

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Titre original: Carrie (1976 ).
Lien vers le livre de Stephen King : Carrie
Lien vers le TV film de David Carson : Carrie TV
Lien vers la « suite » de Katt Shea : Carrie 2
Lien vers la nouvelle adaptation 2013 de Kimberly Peirce : Carrie version 2013

Le titre français complet est : Carrie au bal du diable.

Durée: 1heure 38minutes.

Réalisateur: Brian De Palma

Acteurs: Sissy Spacek, Piper Laurie, Betty Buckley, Nancy Allen, Amy Irving, William Katt, John Travolta.

GRAND FILM DU FESTIVAL D’AVORIAZ, 1977
Piper Laurie, nominée aux Oscar pour le meilleur premier rôle
Piper Laurie nominée aux Golden Globe pour le meilleur premier rôle
Sissy Spacek nominée aux oscars pour la meilleur actrice

Genre: Fantastique sanglant.

Avis : 8/10

Sujet :

Adaptant un roman de Stephen King (Misery), Brian de Palma signe avec Carrie une pièce maîtresse du cinéma fantastique. L’histoire d’une jeune fille élevée dans l’obscurantisme le plus total par une mère bigote, souffre douleur de ses camarades de classe, mais dotée de pouvoirs de télékinésie qu’elle-même ne soupçonne pas. Ceux-ci vont être l’instrument de sa vengeance.

A partir d’une trame de départ assez simple, Brian de Palma parvient à conférer au film une richesse thématique assez conséquente. Ainsi, le destin d’une lycéenne prend à la fois une dimension de conte de fée, une dimension mythique mais aussi une dimension de satire religieuse. Le conte de fée de Carrie, mouton noir se muant en Cendrillon étincelante, évoluant d’un univers familial plus qu’oppressant à un bal de fin d’année au cours duquel elle fait office de reine. La dimension mythique d’une histoire de lycée prenant des allures de tragédie antique, avec pour figure de proue une furie n’accomplissant sa tâche que dans la destruction et le cataclysme. Une satire religieuse à travers le personnage à la fois grotesque et terrifiant de la mère de Carrie (interprétée par Piper Laurie), fanatique psychotique vivant dans une maison ressemblant à une église gothique.

La construction du film est en tout point irréprochable, le récit étant d’une limpidité et d’une intensité rares. Ainsi, l’histoire de Carrie apparait comme un destin frappé par la fatalité, et ce malgré les apparences. Derrière la scène de douches, filmée avec un ralenti censé apporter un caractère érotique au début du film, se cache une bouffée de violence symbolisée par l’irruption d’un flot de sang et par la lapidation d’un des personnages. Derrière l’atmosphère extatique et paradisiaque du bal se cachent le cataclysme et le carnage. Ainsi, un long plan séquence durant le bal, auquel succède une séquence filmée au ralenti, placent le sanglant final en position d’apothéose fiévreux, rendu délirant et visuellement jubilatoire par l’utilisation du split screen.

Carrie est un film visuellement très brillant, filmé de la manière la plus intense qui soit, thématiquement très développé, porté par une actrice exceptionnelle dont le regard fait office d’effet spécial à lui seul (Sissy Spacek, nommée aux Oscars, tout comme Piper Laurie, phénomène assez rare pour des performances dans un film d’horreur). Un chef d’oeuvre qui n’a aucunement souffert du poids des années. Ainsi, l’image de la prima donna ensanglantée, à la pose expressionniste absolument saisissante, demeure une image terriblement marquante du cinéma fantastique dans son ensemble.

Nicolas Bardot