Stephen King sait aussi parler d’amour

Thème : Biographie de Stephen King

Résumé Stephen King sait aussi parler d’amour

Merci à Tony Best pour sa quête d’infos sur l’auteur.

Stephen King

Stephen King sait aussi parler d’amour

Brigitte Dusseau

Agence France-Presse

Londres

L’écrivain américain spécialiste de l’horreur Stephen King sait aussi parler d’amour, comme en témoigne son dernier roman Lisey’s Story, largement inspiré par son épouse Tabitha.

À 59 ans, Stephen King, un des auteurs de fiction les plus vendus au monde, n’était pas venu à Londres depuis dix ans.

Mais il a fait le détour cette semaine pour promouvoir ce nouveau roman cher à son coeur, dont l’héroïne est la femme d’un écrivain célèbre qui, après 25 ans de mariage, entame le tri fastidieux de son bureau après son décès, et manque se perdre dans son univers sombre et secret.



King, regard intense derrière ses lunettes cerclées, simple pull marine porté sur un jeans, se défend d’avoir écrit un roman autobiographique, et souligne les différences entre Lisey (Lisa dans la version française qui sortira en 2007) et son épouse.

« Je ne suis pas Scott (le héros décédé) et elle n’est pas Lisey », affirme-t-il, soulignant que son héroïne n’a pas d’enfant - quand le couple King en a trois - qu’elle n’a jamais été à l’université au contraire de Tabitha, et que son épouse a une vie personnelle très riche sans vivre dans son ombre.

Il admet pourtant que le bureau de Scott n’est autre que le sien, et ajoute que si Tabitha, à laquelle il est également marié depuis 25 ans, lui avait demandé de ne pas publier ce roman, le jugeant trop personnel, il ne l’aurait pas fait.

« Pour moi, toute fiction comportant des émotions vient toujours du même endroit, ma tête, mon coeur et mon expérience », admet-il aussi.

Au terme de roi de l’horreur, Stephen King préfère celui de docteur des émotions. « Je bouscule les gens émotionnellement, mon boulot, c’est de vous faire oublier que vous avez un rendez-vous, de faire que vous laissiez brûler votre dîner... Si vous lisez un de mes livres et que vous avez peur qu’il y ait quelque chose sous votre lit en éteignant la lumière, c’est bon j’ai gagné », ajoute-t-il.

Mais il aime tout autant, dit-il, faire rire ou rendre triste. Avec Lisey’s Story, un pavé de plus de 500 pages, un des objectifs était de vous rendre triste, ajoute-t-il.

Que ceux qui aiment l’horreur et le fantastique se rassurent pourtant, ce nouveau roman a aussi son aspect effrayant et sombre. « Autrement ce ne serait pas un roman de Stephen King », concède-t-il.

En 2002, King, jamais complètement remis d’un grave accident en 1999, et menacé de cécité par une dégénérescence de la rétine, avait annoncé qu’il allait arrêter d’écrire. Après une carrière lancée en 1974 grâce à sa femme qui avait récupéré dans une poubelle le manuscrit de Carrie (ensuite adapté au cinéma par Brian de Palma).

De retraite il ne parle plus. Même s’il dit écrire désormais plus lentement, il a encore publié deux livres cette année, Cell en janvier, et Lisey’s Story fin octobre.

« C’est dit-il, de nombreuses façons, le meilleur que j’ai jamais écrit. Chaque jour, quand je m’asseyais pour écrire, le livre devenait plus fort, les sentiments plus forts. On ne peut jamais le prévoir, c’est la nature de ce travail », se réjouit-il.

De sa femme qui partage bien des points communs avec son héroïne, il dit que c’est sa première critique. « Elle lit tout ce que je fais ».

« Je ne crois pas forcément au mariage, mais je crois en la monogamie », ajoute-t-il. « Un homme, une femme, quand l’amour est là, cela doit s’arrêter là. C’est tellement dur de communiquer, nous sommes tellement seuls, isolés en nous-mêmes, qu’apprendre à connaître une personne prend toute une vie ».

Stephen King n’en dira pas plus. Il refuse d’avoir un téléphone portable, car c’est lui qui vous possède, mais est un homme pressé.

Il a écrit en 32 ans près de 60 romans et recueils de nouvelles, dont plus de 30 adaptés au cinéma. Ses oeuvres, traduites en 33 langues et vendues dans 35 pays, lui rapportent en moyenne 40 millions de dollars par an.

« J’ai écrit de gros livres parce que j’aime me réfugier dans mon monde imaginaire », explique-t-il encore. « J’adore écrire des histoires, c’est pour cela que j’en ai écrit autant ».


Sujet original :

http://www.cyberpresse.ca/article/20061110/CPARTS02/611100315/1050/CPARTS02