Pour comprendre « Lost », lisez Stephen King

Thème : Biographie de Stephen King

Résumé Pour comprendre « Lost », lisez Stephen King

Les créateurs de « Lost » le disent eux-mêmes : leur bébé a été fortement influencé par le célèbre romancier. A tel point que certains fans n’hésitent plus à croire que Stephen King participe secrètement à la conception de la série

Et si « Lost » devait tout à l’univers de Stephen King ? C’est en tout cas ce que laissent croire Damon Lindelof (cocréateur de la série) et Carlton Cuse (producteur) dans l’un des bonus proposés dans le coffret DVD de la saison 3.

« Le fléau », matrice de « Lost »
Certes, « Lost » fourmille de multiples références littéraires, d’« Alice au pays des merveilles » à « Sa Majesté des mouches » en passant par « Des souris et des hommes » ou « Une brève histoire du temps ». Mais comme le soulignent Damon Lindelof et Carlton Cuse, grands fans du maître de l’horreur, King semble bien être LA référence majeure de la série.

« Le fléau », a eu une grande influence sur « Lost », affirme Carlton Cuse. Une autre longue histoire qui part dans tous les sens. Dans ce livre, tous les humains sont morts d’un virus, sauf quelques personnes. Ces survivants se rassemblent et apprennent à se connaître. C’était un excellent modèle pour « Lost ». »

Juliet adore Carrie
La saison 3 débute qui plus est par un club de lecture où Les Autres débattent de « Carrie ». Dans l’épisode « De l’autre côté », nous assistons à un argument entre Juliet, dont c’est le roman préféré, et Adam, qui considère le bouquin comme de la science-fiction pop-corn indigne d’être qualifiée de littérature.

Une opinion que ne partage visiblement pas Damien Lindelof, qui a sans doute dû recevoir le même genre de critique pour « Lost ».

« A notre avis, « Carrie » est un excellent livre » affirme-t-il avant de dresser un parallèle entre Juliet et Carrie : « Juliet est à la fois vulnérable et on s’identifie à elle. Mais elle a aussi en elle la capacité de commettre un acte d’une grande atrocité. »

Il est vrai qu’à la fin de la saison 3, Juliet, personnellement responsable de la mort de 13 personnes, est devenue l’égale d’une Carrie aux yeux des Autres. Une femme dont le courroux s’avère particulièrement destructeur.

« Lost » puise dans « La tour sombre »
D’autres emprunts, plus discrets, à Stephen King parsèment encore « Lost ». La capacité de Desmond de voir le futur rappelle immanquablement le personnage de Johnny Smith dans « Dead Zone ». Et dans les « Tommyknockers », un homme dans la cinquantaine (Locke ?) est convaincu de l’importance d’un sas affublé d’un symbole qui, pour lui, signifie « quarantaine ».

On pourra encore citer d’innombrables autres parallèles. Mais le plus fondamental, et signifiant, semble bien être « La tour sombre ».

Publié entre 1982 et 2005, ce conte en sept tomes suit Roland (Jack ?), un pistolero parti à la recherche d’une tour qui se trouve au centre de tous les mondes parallèles qui composent l’univers du livre. Précisons que cette tour est soutenue par un réseau de forces à la fois magiques et magnétiques appelées les Rayons.

Le héros évolue lui-même dans un univers parallèle post-apocalyptique qui garde encore la trace des vestiges culturels et technologiques de notre monde. Un seigneur devenu fou (Ben ?) cherche à provoquer la chute de la Tour.

Des réalités parallèles
Les résonances avec « Lost » sautent aux yeux. D’autant plus que dans l’épisode final de la saison 3, Jack lit un journal où l’on peut voir les mots « Tour » et « rayon ». Encore mieux : les stations Dahrma sont disposées de la même manière que les Rayons dans « La tour sombre » et certaines portent un nom d’animal, comme dans la saga de King.

De nombreux personnages, tels que Charlie, Locke, Walt, Libby et Aaron, le bébé de Claire, sont directement inspirés de plusieurs héros de « La tour sombre ». Une oeuvre littéraire dans laquelle on trouve aussi des créatures étranges qui kidnappent des enfants tous les 23 ans, un nombre récurrent (le 19) et des paradoxes spatio-temporels (on voyage d’une dimension et d’une réalité à l’autre, entre passé et présent).

J.J. Abrams veut adapter Stephen King au cinéma
Si l’on en croit donc la mythologie créée par Stephen King, l’île de « Lost » symboliserait le centre de tous les univers et se situerait dans un espace-temps perturbé, communiquant avec les autres réalités parallèles par des portes, des sas.

Les ponts entre la série et « La tour sombre » sont tels que certains internautes affirment que « Lost » doit être vu comme un tome oublié de « La tour sombre ». Mieux ! Des rumeurs folles prétendent que King lui-même coécrirait et coproduirait secrètement cette série dont il a déjà dit tout le bien qu’il en pensait dans plusieurs de ses chroniques pour « Entertainment Weekly ».

Et comme rien, dans « Lost », ne relève du hasard, J. J. Abrams, le cocréateur de la série, est actuellement en pourparlers avec Stephen King pour adapter les sept tomes de « La tour sombre » au cinéma.

Véritable puzzle d’énigmes et de devinettes, cette saga littéraire, finalement très proche de l’esprit feuilletonesque des séries modernes, pourrait bien contenir toutes les clés des mystères de « Lost ».