Certaines couvertures de Stephen King par Matthieu Blanchin

Thème : Bibliographie de Stephen King

Résumé Certaines couvertures de Stephen King par Matthieu Blanchin

Auteur de plusieurs albums, Matthieu Blanchin s’est vu confier une nouvelle collection chez Lito. Pour lui, la bande dessinée doit lever les clivages et chercher les talents au cinéma et dans le multimédia.

tf1.fr : Nouveau venu dans la bande dessinée, Onomatopée n’en est pas moins un label intégré à la maison d’édition indépendante Lito. Comment cet important acteur de l’édition jeunesse s’est-il laissé convaincre d’entrer sur un marché où l’offre existe à profusion ?

Matthieu Blanchin, auteur et directeur de collection : La question de la surproduction peut se poser. Il est vrai aussi que, ces dix dernières années, le lectorat de la bande dessinée s’est élargi au fur et à mesure que la création s’enrichissait. A vrai dire, nous n’avons envisagé ces questions commerciales qu’au dernier stade. C’est avant tout la passion de Pierre Rosdhal, le patron de Lito, pour la BD qui l’a embarqué dans cette collection. Bien entendu, cela implique un risque financier important. Face à ce risque, nous avons engagé toute notre énergie dans une grande liberté artistique et pris le temps de peaufiner les albums.

M.B. : Ce serait prétentieux. Je souhaite donner aux auteurs la possibilité de faire ce qu’ils n’ont pas encore fait ailleurs. Pour Martin Desbat qui a 23 ans, cela signifie publier son tout premier livre. Pour Jean-Yves Duhoo, cela veut dire s’essayer à la couleur. Sattouf et Sapin sont déjà plus confirmés mais ils n’avaient jamais travaillé ensemble. Autre point important, je souhaite lever les clivages. Nos albums sont réalisés par des auteurs ayant des parcours très divers, passant souvent par d’autres médias que la BD, voire le dessin. Il y a plein de talents dans les écoles de dessin, parmi les graphistes du multimédia, dans le cinéma, qui peuvent apporter à la bande dessinée.

tf1.fr : Vous-même, vous avez navigué dans plusieurs eaux avant d’en arriver à la BD...

M.B. : Pour moi, comme pour beaucoup d’autres, c’était une nécessité à la fois financière et artistique : gagner sa vie tout en ne se répétant pas graphiquement ! En sortant de l’école, j’ai fait des couvertures pour des livres de Stephen King, des illustrations pour la presse jeunesse ou des incursions dans le film d’animation. C’est l’Association qui m’a donné l’opportunité de publier mes premières histoires les plus personnelles... Ce qui ne voulait pas dire que je pouvais me passer des autres sources de revenus !

tf1.fr : Et aujourd’hui, alors que la BD a ses prix et ses festivals, est-ce plus aisé de passer d’un média à l’autre ?

M.B. : Pas forcément. Sous le pseudonyme de Wolfgang Placard se cache un illustrateur de presse qui passe pour la première fois à la BD avec Onomatopée. Dans un univers où l’on aime bien associer un nom à une étiquette, certains ne lui auraient peut-être pas pardonné cette expérience. Vous savez, la "BD" reste pour certains un genre mineur, alors qu’on peut simplement la définir comme une "littérature dessinée". C’est un média bien plus subtil et puissant que ce que certains voudraient le laisser entendre.

tf1.fr : Onomatopée sera-t-elle à Angoulême ?

M.B. : Oui. Cela représente un coût mais nous voulons aller jusqu’au bout de notre investissement aux côtés des auteurs. Et, puis, Angoulême cristallise aussi une part importante de l’histoire de la BD en France. Le rendez-vous a fait beaucoup pour convaincre l’opinion publique que la BD ne s’adressait pas seulement à des adolescents boutonneux.

(Source tf1.fr)